Avis de tempête sur les éoliennes genevoises

Les médias ont largement fait état des soupçons de népotisme qui frappent les services industriels genevois SIG, dont le directeur a fini par jeter l’éponge. Or il n’est pas sans intérêt de rappeler ici que cette entreprise est le promoteur des parcs éoliens qui vont défigurer notre vallon : celui du Mont de Boveresse, projet détenu à 100% par les SIG, et celui de la Montagne de Buttes, contrôlé à parts égales avec Groupe E. Retour sur les scandales qui touchent ce promoteur éolien.

Alors que les promoteurs éoliens ne parlent que de « durabilité », « engagement environnemental » ou de « responsabilité sociétale », la réalité qui se cache derrière les mots est bien différente. Ce ne sont ainsi pas moins de quatre membres de la famille du directeur qui ont été engagés par l’entreprise, selon le travail d’enquête de plusieurs médias. Le directeur a démissionné le 30 avril après la révélation de graves soupçons de népotisme.

En février de cette année, un autre scandale avait éclaboussé ce promoteur éolien : les SIG ont facturé 22 millions de francs en trop aux consommateurs entre 2008 et 2021 suite à des erreurs pourtant connues dans le calcul des pertes dans le réseau électrique. Le magistrat de la Cour des comptes à l’origine du rapport avait évoqué le manque de collaboration des SIG, qui ont notamment bloqué l’accès à certains documents financiers.

Le directeur précédent des SIG avait lui aussi été contraint à la démission suite à un autre scandale, celui touchant les contrats éoliens d’une entreprise partenaire des SIG, Ennova. Les SIG avaient avancé 33 millions de francs à la société pour financer diverses études de faisabilité de parcs éoliens. Ces investissements n’avaient toutefois débouché sur rien : pas un seul kilowatt n’avait été produit. Le directeur général, qui a démissionné en 2013, avait même été prévenu d’entrave à l’action pénale par le premier procureur de l’Etat de Genève.

Filiale à 100% des SIG, Ennova se présente aujourd’hui sur son site internet comme un « bureau d’ingénieurs ». Les SIG mandatent donc leur propre filiale pour réaliser l’étude d’impact pour le projet éolien du Mont de Boveresse. C’est cette étude qui doit « analyser » – mais le résultat est connu d’avance – si le parc éolien prévu est conforme au droit, s’il respecte les normes de bruit et s’il est compatible avec la biodiversité et le paysage.

Une fois les centrales éoliennes de la Montagne de Buttes et du Mont de Boveresse construites, le courant « vert » sera commercialisé à Genève, mais ce sont le Val-de-Travers et sa population qui devront en subir les conséquences : destruction du cadre de vie, atteintes à la biodiversité, perte d’attractivité, bruit, etc.

Habitantes et habitants du Val-de-Travers, ne tombons pas dans le piège des belles promesses. L’éolien est un alibi écologique aux conséquences environnementales et financières funestes. Les Travers-du-Vent luttent depuis 24 ans maintenant contre cette destruction de notre cadre de vie. Aidez-nous en adhérant à notre association ou en devenant donatrice ou donateur. Notre cadre de vie est précieux, ne le cédons pas à des entreprises qui nous vendent du vent.